GOUVERNANCE ET ACTION INTERNATIONALES M2

L’objectif de cette partie du cours est d’approfondir les connaissances fondamentales des étudiants sur la nature, le rôle et l’impact des acteurs intervenant à l’échelle internationale. Il interrogera un certain nombre de tensions liées à la situation des multiples acteurs de la scène internationale ainsi qu’à leur cadre d’intervention.

Dès lors qu’un certain nombre de problèmes publics s’imposent sur la scène internationale, il convient en effet de comprendre et d’expliquer la manière dont les différents acteurs produisent l’action publique. Le cours propose donc d'aborder l’action internationale à travers l’analyse de l’action publique internationale. Pour cela, il mobilisera les cadres d’analyse de l’action publique pour rendre intelligible la fabrique de l’action publique internationale. Le cours s’appuiera sur diverses études de cas dans des domaines variés de l’action publique internationale (santé, environnement, économie, social). Il invite à lire et analyser les questions internationales en intégrant les apports de l'analyse des politiques publiques.

Dans l’esprit du master Gouvernance des relations internationales, ce cours contribue à la démonstration que ces dernières ne peuvent être appréhendées à partir des seuls États et organisations inter-étatiques. De Daech à ATTAC, du collectif Anonymous aux révolutionnaires des Printemps arabes, les acteurs non étatiques ont aujourd’hui un rôle majeur dans les relations internationales dont ils peuvent infléchir, voire dicter l’agenda. À quelles conditions ces groupes divers – Églises et mouvements religieux, syndicats, ONG, mais aussi simples réseaux de citoyens – accèdent-ils aux arènes internationales et aux décisions qui y sont prises ? Pourquoi et comment s’organisent-ils et portent-ils des revendications ou des causes à l’échelle internationale ? Existe-t-il aujourd’hui (et existait-il, déjà, hier) un espace politique transnational, c’est-à-dire un espace de relations, de discussions et de décisions qui se situe non seulement au-dessus, mais au-delà des États-nations ?

Ce cours proposera d’aborder ces questions inspirées de la sociologie des mouvements sociaux et des relations internationales à partir d’une perspective historique. En rendant leur longue histoire aux mobilisations de militants politiques, de combattants armés, de femmes, d’ouvriers, de révolutionnaires et de philanthropes à travers les frontières, il apparaît que ces mobilisations transnationales ne sont ni la cause ni le symptôme d’un affaiblissement des États-nations, comme on l’annonce trop souvent. Elles ont au contraire accompagné leur naissance et leur développement, constituant un élément structurel des relations internationales depuis le début XIXe siècle et ce jusqu’à aujourd’hui, jouant un rôle dans des évolutions aussi cruciales que l’abolition de l’esclavage, les indépendances nationales du XIXe siècle, les décolonisations du siècle suivant, ou encore la constitution d’un droit international des réfugiés.

À partir de cas d’études actuels ou passés, chaque séance interrogera les diverses formes prises par la transnationalisation des mobilisations politiques et sociales.